Kiosque

kiosque copieKiosque est un projet itinérant qui vise à partager des ouvrages poétiques et politiques qui ont en commun une manière de remettre en question notre société et nous rendre attentivexs aux relations humaines et non-humaines. Les textes sont photocopiés et reliés à la main, puis partagés sur commande. Mon but est de générer par la copie et les discussions une multiplication des récits qui contribue à maintenir vivante notre bibliodiversité* et ainsi balafrer les mots et pensées normatives et excluantes.

Plus d’informations sur les échanges des textes sur: poetryconnection

Chaque jeudi, du 18 février au 18 mars, vous pouvez écouter sur cette page des pièces radiophoniques créées par des collectifs ou des personnes invitées. Chaque jour est pensé comme une quatrième de couverture parlante du Kiosque. Des textes, des mises en voix, et des alliances qui font dérivés les propos pour créer d’autres ponts et histoires.

Jeudi 18 février

Sara Ahmed – Living a feminist life

***Références***

Article de Claire Richard dans la revue Panthère Première #6
Les rabat-joie féministes (et autres sujets obstinés) par Sara Ahmed

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circées copies – bibliothèque, librairie et micro-édition

Mise en voix de l’édition #2

Les titres de l’édition #2 sont disponibles sur le site de circées copies

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Trying to find a way out of their roots-rotten language – série de poèmes par Stéphanie Rosianu en allemand, anglais et français, mise en voix avec l’artiste Lea Rüegg.

à écouter sur la webradio Megahex.fm

Cette pièce a été réalisée pour Poesie ist kein Luxus à la Gessnerallee à Zürich,  une série d’événement organisé par le festival Belluard Bollwerk en 2020.

Jeudi 25 février

Tai Shani – Our fatal magic

✨👀✨

WOMXN WAVES – Poesie und Stimmen
de Magali Dougoud

Avec les voix, interprétations, musiques et traductions de Stéphanie Rosianu, Julia Herfurt, Susanne Kriemann, Ghalas Charara, Julie Magnenat, Maddy Dymond, Yvonne Gaug, Ana Roxanne, Ibeyi, Slimfatgirl, Chienne de garde

✨👀✨

Contribution pour la sélection des livres du Kiosque par Magali Dougoud

Art Queer – une Théorie Freak – de Renate Lorenz
Lecture de l’extrait – Drag Salome

✨👀✨

Trying to find a way out of their roots-rotten language – série de poèmes par Stéphanie Rosianu en espagnol et anglais, traduite par Diana Marcela Martinez

Avec les voix de:
Cecilia Moya Rivera
Cristina Ines Dieguez Acosta
Irria Gjinali

Musique par:
Lea Rüegg – Trying to find a way out of their roots-rotten language
Sevdaliza – That other girl
Princess Nokia – Brujas
Lâcheuncerf – Supreme TT

Cette pièce a été réalisée pour Notes on Hideout, programmation radiophonique pour le festival Tsonami au Chili en 2020. 

Jeudi 4 mars

Shulamith Firestone – Zones Mortes
Lecture d’extraits par Cléa Chopard

👁🔥👁

espaces topolaliques
Textes et voix : Cléa Chopard
Musique: Watching Paint Dry de Mariabrice Sapphocatherin

Jeudi 11 mars

Brasa – La Traduction comme geste politique, volume II

Avec les textes de Elton Panamby, Rebeca Carapiá et Lucas Veiga

Lus par Nayansaku Mufwankolo, Luana Almeida et Bastien Hippocrate

Traduits du portugais brésilien au français par le collectif Brasa – La
Traduction comme geste politique, constitué de Luana Almeida, Valentina D’Avenia, Léa Katharina Meier, Aurore Zachayus

Ambiance sonore : Jonas Van
Musiques : « Omo Oyá » de Pacha Ana et « Bixa Preta » de Linn da Quebrada
Montage : Léa Katharina Meier
Mixage son : Juliana R

Les textes lus pour ce podcast seront prochainement publiés au sein de
l’ouvrage Textes à Lire à voix haute qui paraîtra chez la maison
d’édition Brook.

Textes à Lire à voix haute est un projet de publication qui propose de
traduire du portugais brésilien au français les textes de Ingrid Martins,
Preto Téo, Monna Brutal, tatiana nascimento, Pacha Ana, Grace Passô,
Castiel Vitorino Brasileiro, Lucas Veiga, Ricardo Aleixo, Miro Spinelli,
Musa Michelle Mattiuzzi, Jota Mombaça, Pêdra Costa, Rebeca Carapiá et Elton Panamby.

Ces 15 poéte•sse•x•s, artistexs, chercheureusexs, écrivain•e•x•s
constituent, par leurs productions littéraires engagées, des références
pour les scènes artistiques, universitaires, militantes LGBTQIA+ et
décoloniales brésiliennes. Les textes sélectionnés ont été choisis par
Diane Lima, Cíntia Guedes et abigail Campos Leal.

Le but de cette publication est de permettre la diffusion de ces points de vues non-occidentalo-centrés, en les rendant accessibles aux lecteuricexs
francophones. Le processus de traduction est collectif, s’invente et se
transforme au fur et à mesure des discussions avec les auteur•ice•x•s,
faisant se croiser des regards et les langues.

Le volume I de Brasa – La Traduction comme geste politique a été diffusé en mai 2020 sur les ondes de radio 40 en collaboration avec le TU-Théâtre de l’Usine à Genève. Vous pouvez l’écouter ici

Textes à lire à voix haute reçoit le soutien de Pro Helvetia Amérique du
Sud, de la Coopérative 1m3 et de plusieurs donateuricexs, merci à elleux !

⚡🌸⚡Glossaire⚡🌸⚡

Aboio : nom qui se donne à un chant triste, généralement avec peu ou pas de paroles, scandés par les vachers quand ils conduisent un troupeau. (NdT)

Bixa : terme utilisé pour désigner les personnes homosexuelles, surtout et
en particulier celles efféminées. Généralement utilisé avec un ton
péjoratif, ce terme est resignifié de manière empouvoirante par les
communautés LGBTQIA+ et également ici par l’auteur. L’écriture formelle de « bixa » serait « bicha » (un dérivé de « bicho » : animal) le « x » mis à la place
du « ch » dénote cette resignification. (NdT)

Carrapicho : nom générique donné aux plantes dont les graines, feuilles et
épines se prennent dans les vêtements de celleux qui les approchent. (NdT)

Jeje-Nagô : est un terme utilisé pour désigner la fusion des cultures jejes
(également appelées fon, ewe, mina, fanti, axântis) et nagôs (aussi
appelées iorubá) principalement au sein des religions afro-brésiliennes
afro-brasileiras onde são cultuados tanto Vodum como Orixás.
De nombreuses personnes de culture iorubá amenées de force depuis l’Afrique jusqu’à Bahia reçurent le nom de nagôs, terme utilisé par les français pour désigner les africain.e.xs de la côte esclavagisé.e.xs, qui parlaient le iorubá. Les jejes étaient issu.e.xs du Royaume du Daomé. Sur un plan religieux, il y a eu une fusion entre la mythologie iorubá et celle jeje, c’est pour cette raison qu’il est difficile de les distinguer. (Note de
Elton Panamby)

Oxum : Entité des religions de matrice africaine, telles que le Candomblé
et Umbanda. (NdT)

Pé-de-Moleque : littéralement pied de garçon, est un bonbon traditionnel du Brésil qui se mange principalement pendant les “Festa Junina”, fêtes du mois de juin célébrant l’hiver. Il est composé d’arachides et de mélasse.
(NdT)

Sinhozinhos – sinhás : utilisés par les personnes esclavagisées pour se
référer à leur maître et à leur maîtresse pendant la période esclavagiste
au Brésil. Littéralement petit seigneur et petite maîtresse. (NdT)

⚡🌸⚡Auteuricexs ⚡🌸⚡

Elton Panamby est artiste, dés-enseignantx, mère. Au long de 12 années
dédiées à la recherche et à la création, Elton développe des travaux en de
multiples langages à partir des limites psycho-physiques liées aux
pratiques de modifications corporelles au sein d’expériences rituelles. Iel
évolue dans ce sillage depuis son diplôme en Arts Corporels (PUC-SP)
jusqu’à son Doctorat en Arts obtenu en 2017 (PPGARTES-UERJ) et continue
aujourd’hui à suturer pas à pas dans la vie et à ouvrir des chemins de
guérison anti-cis-tème à São Luís/MA. Durant les 5 dernières années, iel en vient à créer des sons comme pratique poétique de/dans l’obscurité, ceci dans une tentative d’arriver à l’invisible. Iel est traversé par des
questions de race et de genre.

Rebeca Carapiá est née dans la ville basse Salvador à Bahia.  Artiste
plasticienne diplômé de l’Université fédérale de Bahia, elle s’intéresse
aux relations produites entre langage, conflit, corps et territoire. Sur la
base de son expérience et de sa vie quotidienne dans le quartier de
l’Uruguay, un espace qui la constitue en tant qu’artiste, elle a créé et
organisé un ensemble de pratiques et de réflexions à travers différentes
plateformes d’exposition, de formation et d’expérimentation artistique,
visibles et invisibles pour le circuit de l’art contemporain. Ses
expériences les plus récentes incluent la participation à Elixir, un projet
de recherche et d’extension à l’Université fédérale de Recôncavo Baiano, le
programme de résidence PlusAfroT à la Villa Waldberta à Munich – Allemagne (2019) et le programme de résidence II du Festival international de Valongo de Image 2019. À travers sculptures, dessins, installations, estampes, textes et objets, l’artiste crée une cosmologie autour des conflits des normes du langage et du corps, en plus d’élargir un débat géopolitique impliquant mémoire, économies précaires, technologies ancestrales, dissidence sexuelle et le genre, en plus des relations de pouvoir entre la parole et la parole. Réalisant la déconstruction des géographies des femmes, elle utilise l’expérience de la ferronnerie et des matériaux tels que le cuivre et le fer pour confronter les discours hégémoniques de l’art et de la politique: ouvrir le mot, briser, plier, fabriquer et refaire ses lignes pour créer d’autres façons de parler de la différence sans l’expliquer.

Lucas Veiga est psychologue. Lucas détient un Master en Psychologie de
l’Université Fédérale De Rio de Janeiro. Il fait de la recherche et écrit
sur les questions raciales, anticoloniales et sur la santé mentale de la
population noire. Il a donné des conférences sur ces thématiques dans des universités publiques (USP, UFRJ, UFF, UERJ, IFRJ, UNEB, UEFS, UFBA) et
privées (PUC, Estácio de Sá), ainsi que dans d’autres espaces (SESC,
Aparelha Luzia, Museu da República, Instituto Steve Biko). Il a publié
«Qual a cor da Psicologia no Brasil?» (Jornal do Brasil), «As diásporas da
bixa preta: sobre ser negro e gay no Brasil» (Revista Tabuleiro de Letras,
UNEB) et “Descolonizar a Psicologia: considerações a uma Psicologia Preta” (CEERT). Il a été invité par la commission qui organise la Vème Rencontre Nationale d’Enseignement en Sciences de la Santé réalisé à la UFF en mai 2018 à développer le minicours “Production de connaissance décoloniale: introduction à Psychologie Noire”.

Jeudi 18 mars

Cadavres exquis revisités par le Collectif Afroféministe Amani

Quotidiens surchargés, rythmes de vies décalés, difficultés pour se
retrouver, militer à notre façon… et pourtant l’envie de contribuer à ce
kiosque plein de poésie et de liberté. L’une de nous s’est soudain
illuminée et a dit : « Et si on enregistrait chacune des petits bouts de
nos vies, des réflexions, des sons, des choses qui l’inspirent, à distance
et qu’on se renvoyait ces sons en réponse les unes aux autres ? ». – « Une
sorte de cadavre exquis…» a répondu une autre… Adjugé. Partir de choses
simples, seule de notre côté pour aller vers quelque chose de plus grand
collectivement… Voici, pour vos oreilles malicieuses, quelques cadavres
dont nous nous laissons surprendre avec vous.

Le  cadavre exquis  est un jeu graphique ou d’écriture collectif inventé par les  surréalistes, en particulier  Jacques Prévert  et  Yves Tanguy, vers  1925.

Le principe du jeu est le suivant  : chaque participant écrit à tour de rôle une partie d’une phrase, dans l’ordre sujet–verbe–complément, sans savoir ce que le précédent a écrit. La première phrase qui résulta de ce processus et qui donna le nom à ce jeu fut  :
«  Le cadavre – exquis – boira – le vin – nouveau.  »

🐚💫🐚Références des livres dont nous avons lu des extraits🐚💫🐚

Natalia, de Pablo Azocar
King Kong Théorie, de Virgine Despentes
L’art de la délicatesse, de Dominique Loreau
La mulâtresse Solitude, de André Schwarz-Bart
Antispéciste, de Aymeric Caron
La cuisine de ma mère, de Youssou N’dour
Nina Simone, de David Brun-Lambert
Angela Davis, Autobiographie.

🐚💫🐚Musiques et chansons qui ponctuent le cadavre exquis🐚💫🐚

Alicia Keys – Blended Family
Fleetwood Mac – Dreams
Mabel Lee – Chicken Shake Shuffle
Amy Winehouse – He Can Only Hold Her
Billie Holiday – Blue Moon
Erykah Badu – On & On
Fatoumata Diawara – Kanou
Kelis – Milkshake
Lauryn Hill – Zion
Nneka – Come With Me
Poly Styrène
Aloise Sauvage – Jimmy
Voxxx – circlusion
Lous and the Yakuza – Dilemme
Amina Saïd – La Douleur des seuils
Aya Nakamura – Préféré
Lous and the Yakuza – Mon ami

🐚💫🐚Autres références/sources🐚💫🐚

Jean Villars Gilles: La Venoge;
Maya Angelou: Pourtant je m’élève;
Angela Davis: les archives de la RTS 1975;
Fania Noël: extraits de La poudre, épisode 70;
Aimé Césaire: Cahier d’un retour au pays natal;
Pamela Ohena Nyako: interview croisé, commune de Lausanne ;
X-Ray Spex: Oh bondage! Up yours!
Meme publié le 13 mars 2021 sur le compte Instagram de @boulbitch

La rhétorique de la blessure individuelle dans les milieux militants  : quand le «  je  » traumatisé empêche l’élaboration du collectif . Publication du compte instagram @la.charge.raciale inspirée du travail de Jack Halberstam

Le Collectif Afroféministe Amani, basé à Nyon (Suisse romande) est composé de personnes afrodescendantes se reconnaissant du genre féminin et se réunissant principalement en mixité choisie. Il vise à créer des espaces de regroupement politique et de revendications spécifiques notamment antiraciste, féministe et anticapitaliste.

🐚💫🐚

Textes au centre – épisodes 1 et 2 – par Myriam Ziehli

Des écologies autour des affects, de la création de subjectivités,
passant par pleins de prismes notamment le corps, le langage et les
aspects décoloniaux. Pour sortir de l’écologie occidentale binaire. Des
écologies queer, trans, féministes, décoloniales. Lectures.

Episode 1 et 2: Podcasts réalisés à la suite de deux jours de lectures
au Bureau des Questions Importantes à l’espace d’art eeeeh! à Nyon en
septembre 2020. Ces deux épisodes de compte rendu préparés pour le
projet Kiosque de Stéphanie Rosianu sont des extraits de tout ce qui
s’est passé durant ces deux jours.

Je remercie touxtes les participantxes de cet atelier avec lexquellxes noux avons lu et cheminé dans les textes.

Textes au centre – Episode 1

Avec les textes de:
Sarah Ahmed – Les rabats joies féministes
Romy Colombe K. – Some flowers
Jota Mombaça – The birth of Urana
bell hooks – Le langage: enseigner de nouveaux mondes/de nouveaux mots
Manifeste du Women’s Pentagon Action

Avec les voix de :
Amina, Mathilde, Jonas, Marine, Valentina

Avec les musiques de :
Trillary Banks – Killi
Pearly – Gamine (feat L4lgerin4)
Lafawndah feat. Bonnie Banane – Vous Et Nous
Yendry – Nena
Hiroshi Yoshimura – Green
Meryl – AH LALA

Textes au centre – Episode 2

Avec les textes de:
Maria Carolina de Jesus – Quarto de despejo: diário de uma favelada
Franziska Schutzbach, Fork Burke, Myriam Diarra – I will be different every time, Femmes noires à Bienne
Audre Lorde – Uses of the Erotic

Avec les voix de:
Valentina, Chloé, Jonas

Avec les musiques de:
Missy Elliott – All n my grill
Sevdaliza – Lamp Lady
Maria Violenza – Crying over you
Lala &ce – Show me love

Je tiens à remercier très fort Chloé Démétriadès pour son invitation et
son accueil au BDQI, Valentina d’Avenia, Jonas Van et Stéphanie Rosianu
pour l’invitation dans le projet Kiosque et le soutien quotidien <3,
ainsi que Amina.

 🐚💫🐚

Merci à touxtes les personnes qui se sont investies dans ce projet!

 

 

 

*J’emprunte le terme bibliodiversité à l’écrivaine et activiste féministe Susan Hawthorne qui le définit, dans le livre Bibliodiversité – Manifeste pour une édition indépendante, comme « un ensemble de publications variées dans le paysage éditorial, représentatives d’un système culturel équilibré où toutes les voix peuvent s’exprimer. »